السبت، 6 يونيو، 2009

la vérité

La vérité

De prime abord, il faut souligner que le problème de la vérité constitue le souci primordial de tout discours philosophique. D’ailleurs, il n’y a pas de doctrine philosophique, qu'elle soit ancienne ou moderne qui n’ait pas soulevé le problème de la vérité, et qui n’ait pas pour autant élaboré sa théorie de la connaissance là-dessus. L’intérêt philosophique de la thèse de Nietzsche réside dans sa portée critique vis-à- vis des doctrines antérieures sur l’essence du concept de la vérité, comme soit conformité avec le réel ou bien adéquation avec la raison. Cela dit, est-ce que la langue exprime-t-elle- fidèlement la vérité ? la réalité des choses n’échappe-t-elle pas à toute tentative empirique ou rationnelle d’appropriation du sens ?

Tout d’abord, Nietzsche entame son argumentation par des exemples tirés de la vie, du vécu, loin de toute spéculation abstraite ou approche épistémologique. Il constate que la langue est incapable de refléter l’existence réelle des êtres, leur développement et devenir. L’exemple significatif de l’arbre symbole de l’élan de la vie n’est pas fortuit. Selon lui, la langue se limite aux relations entre les choses d’une part, et entre elles et nous d’autre part, sans pouvoir atteindre la vérité intrinsèque des choses puisqu’elle ne parvient pas à exprimer la vérité, mais se limitait à désigner les relations des choses avec l’homme de façon métaphorique sans saisir l’être en soi mais son image dans la pensée traduit arbitrairement par un mot quelconque. Ensuite, il affirme que la langue ne pouvait pas non plus démontrer l’existence ou bien l’inexistence des choses puisque le réel, plein de vie, d’énergie et de mouvement, dépasse largement le sens restreint des signes. Enfin, il conclut que l’homme est incapable de saisir la vérité absolue et éternelle par le biais des perceptions, des mots, ou bien des concepts.
Alors Nietzsche nie toute vérité qui puisse exister dans le monde, et toute tentative pour l’acquérir serait vaine et absurde.
La démarche critique nietzschéenne constitue en fait, une mise en cause des systèmes rationnels et empiriques qui proclamaient une confiance totale envers la raison et aux sens, qui croyaient à l’existence à priori de la vérité. Néanmoins, cette démarche ne propose rien de positif et de rassurant à quelqu’un qui fait de la recherche philosophique ou scientifique son métier ou sa vocation. Certes elle fait prévaloir l’esprit critique sur un certain dogmatisme, mais en revanche elle ne propose ni des points de repères ni des moyens préalables pour diriger l’esprit. Elle se veut destructrice sans par ailleurs donner en échange un discours de la méthode à l’instar de Descartes dans le domaine philosophique, ou des règles de la méthode sociologique à l’instar de Durkheim dans le domaine sociologique.

Pour conclure, on peut souligner l’originalité de la doctrine nietzschéenne, surtout sa portée critique qui a mis en valeur l’importance de l’irrationnel dans la quête de la vérité. Cependant, elle n’a pas fourni des outils théoriques ou méthodologiques ni pour affranchir l’homme de ses angoisses intellectuelles, ni pour améliorer sa vie dans le monde, c’est le nihilisme absolu.

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